14 Mai 2018 | Actus

« D’ICI DIX ANS, J’IMAGINE LE DOMAINE DE LA CONSTRUCTION SE TOURNER VERS LES STRUCTURES MODULAIRES… »

Un chantier demande une coordination bien orchestrée et un suivi toujours plus précis. Après avoir fait la connaissance de Monsieur David Gueissaz, conducteur de chantier, découvrons le rôle tout aussi important d’un conducteur de travaux. Rencontre avec Pedro Lourenço qui occupe ce poste au sein de l’entreprise Bollini.

 

MONSIEUR LOURENÇO, VOUS ÊTES CONDUCTEUR DE TRAVAUX CHEZ BOLLINI. EXPLIQUEZ-NOUS CONCRÈTEMENT QUEL EST VOTRE MÉTIER.

Mon métier consiste à organiser, diriger et surveiller plusieurs chantiers de l’entreprise avec la collaboration du Directeur et des contremaîtres/ouvriers de chantiers. Cela implique d’établir des méthodologies de production les plus efficientes selon le planning et de veiller à l’exécution de l’ouvrage.

Le plus grand défi, sans aucun doute est la réalisation du chantier de la meilleure façon possible: à temps, avec la qualité, les coûts prévus, en respectant les normes en vigueurs, et surtout satisfaire notre client.

Ma routine de travail est de suivre quotidiennement la gestion des travaux au niveau de l’exécution/l’administratif/financier.

 

DEPUIS COMBIEN DE TEMPS EXERCEZ-VOUS CE MÉTIER ET COMMENT AVEZ-VOUS VU LE DOMAINE DE LA CONSTRUCTION ÉVOLUER DEPUIS VOS PREMIERS PAS DANS LE DOMAINE DE LA CONSTRUCTION ?

J’ai commencé en janvier 2004, en tant que stagiaire conducteur de travaux, mais auparavant en 1998 en tant que dessinateur de bâtiment dans un bureau d’architecte. Nous assistons de plus en plus à la spécialisation des entreprises pour chaque phasage du projet, cela permet d’avoir une main d’œuvre plus spécifique au besoin de chaque étape et plus d’efficience.

 

QUELLES SONT AUJOURD’HUI LES TENDANCES EN MATIÈRE DE CONSTRUCTION ?

Le domaine de la construction est en pleine expansion, la préfabrication est déjà une tendance: béton, acier, bois ou mixte (Acier/béton et béton/bois). Nous assistons à une construction en masse, cette tendance fait part des besoins en matière de logements, mais la rénovation des bâtiments existants commence à émerger car les parcelles à bâtir sont de plus en plus rares. Les entreprises devront (aussi) être capables de construire du neuf mais aussi, se spécialiser dans la rénovation des bâtiments existants.  Chez Bollini nous avons la chance d’avoir une main d’œuvre avec un savoir-faire dans ce domaine.

 

SUR QUELS CHANTIERS TRAVAILLEZ-VOUS EN CE MOMENT ET QUELLES SONT LEURS SPÉCIFICITÉS ?

En ce moment, je termine plusieurs chantiers en même temps et j’en mets d’autres en route (environ une dizaine de chantiers simultanément). Je dirige plusieurs rénovations comme la transformation du collège de Bavois, d’une ancienne ferme en 4 appartements à Gollion, etc.

Ce type de chantier est très spécifique car l’accessibilité est la difficulté majeure de ces chantiers et les phasages sont plus longs. Mais aussi du neuf…

4 villas en béton armé à Renens : la spécificité de ce chantier était plutôt au niveau du terrassement et surtout de l’installation de chantier pour l’exécution des travaux « pas de place pour stockage des matériaux ». La méthodologie du terrassement était basée sur la stabilisation des talus au moyen de blocage avec du béton caverneux. J’ai eu la chance d’avoir une excellente équipe sur place, un super contremaître qui a respecté mon planning. 

Construction d’un bâtiment à Ependes : la spécificité de ce chantier était plutôt au niveau de la maçonnerie « double mur en briques à chaque étage », 350 m2 de briques par étage, sans oublier la méthodologie d’exécution du double mur (ancrages des deux murs, pose d’isolation, joint de dilation, etc.). La parcelle de terrain disponible pour l’installation de chantier était aussi une des plus grandes contraintes pour l’exécution des travaux ; une tendance sur les nouveaux projets car les parcelles sont de plus en plus petites.

Nouveaux projets : quant aux nouveaux chantiers, nous travaillons sur un projet de 10 villas contiguës à Vucherens, la transformation d’une ferme en habitation à Montcherand et la construction d’une ferme à Montcherand.

 

SELON VOUS, QUELLE EST LA QUALITÉ PREMIÈRE D’UN CONDUCTEUR DE TRAVAUX ?

Même si le mot « conducteur de travaux » traduit évidemment la conduite des travaux, l’objectif primordial est sans doute de bien gérer et motiver les ouvriers sur le chantier, à savoir « être un bon leader ». Pour cela, il faut aussi savoir écouter pour se faire respecter.

La productivité, la qualité, la sécurité sont des mots clés, mais la qualité de l’environnement de travail est surtout plus importante de façon à ce que l’engagement des employés soit plus efficient.

 

QUEL EST LE CHANTIER LE PLUS INCROYABLE QUE VOUS AYEZ DÛ SUPERVISER ?

Une station de traitement d’eau potable pour 250’000 habitants avec :

  • Une station de relevage d’un dénivelé de 60 mètres de haut jusqu’au réservoir et un débit de 2 m³/seconde (4 pompes pour le pompage).
  • Un réservoir d´eau potable avec une capacité de 15’000 m³ – 2 radiers chacun avec 450 m³ de béton.
  • Une fouille avec triple conduites d’une distance de 2,4 km, doubles conduites de tuyaux en fonte ductile DN 1200mm et la troisième en PP 1000mm.

 

QUEL EST VOTRE PLUS BEAU SOUVENIR EN TANT QUE CONDUCTEUR DE TRAVAUX ?

Sans aucun doute, la réalisation d’ouvrages de génie civil « hydraulique » (collecteurs EU/stations de relevages/ STEP) avec des conditions très difficiles sur le terrain, niveaux phréatiques élevés et des terrains sablonneux.

Pour ce type de conditions nous avons utilisé le système Wellpoint, étayage de fouille avec des « Krings », blindage coulissants pour exécution de chambres en béton et des palplanches pour l’exécution stations de relevage ; des conditions très difficiles mais une très belle expérience.

 

COMMENT IMAGINEZ-VOUS LE DOMAINE DE LA CONSTRUCTION DANS DIX ANS ? QUELLES SERONT, SELON VOUS, LES ÉVOLUTIONS MAJEURES DE VOTRE MÉTIER ?

D’ici dix ans, j’imagine le domaine de la construction se tourner vers les structures modulaires. En plus d’être moins chères, elles sont plus rapides.

En même temps, le domaine de la construction souffrira d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.  Nous assistons à une hausse constante des matières premières, néanmoins, les offres des entrepreneurs sont à la baisse et la tendance n’est pas la plus favorable pour les années à venir, ce qui nécessite d’obtenir les meilleures performances de la part de l’entrepreneur et s’adapter à cette nouvelle tendance.

Les évolutions majeures de mon métier seront plus concentrées sur l’aspect d’optimisation temporelle et économique du projet, et moins sur les détails techniques du projet. « Plus de temps au bureau et moins de temps sur les chantiers…». Le conducteur de travaux sera plutôt un gestionnaire financier…

Le marché lui-même ressent le besoin d’améliorer son savoir-faire de gestion et la formation/utilisation de nouveaux outils informatiques sera une tendance de façon à optimiser les délais/coûts des chantiers.